C'est en recherchant un moyen de fixer le latex - qui n'est rien d'autre que la sève de l'hévéa - Charles Goodyear, un petit quincaillier du Connecticut (U.S.A.) invente, en 1839, la vulcanisation après huit années d'études. Le procédé consiste à mélanger du souffre et du latex chauffé à 120°.La gomme ainsi obtenue a pour nom "caoutchouc". Elle présente la particularité d'être compacte et homogène et a des qualités multiples : Souplesse, grande facilité de façonnage, résistance et une assez grande insensibilité aux variations de température.

    C'est pour améliorer le tricycle de son fils que John Boyd Dunlop, vétérinaire à Belfast, invente en 1887 le premier pneumatique. L'histoire ne dit pas, en fait, si son but était d'en diminuer le bruit, qui l'aurait dérangé ou le confort du tricycle, mais peu importe : Il remplace les roues par de larges jantes en bois auxquelles il fixe des chambres en caoutchouc entourées de coton. Mais même si cette invention reste attribuée à J.B.Dunlop, elle est aussi contestée dans la mesure où le belge Dietz avait effectué des études similaires dès 1836 et que des brevets similaires avaient été déposés en 1846 par un certain W.Thomson. L'histoire n'a pas vraissemblablement pas voulu retenir leurs noms...

Bref, l'aventure est en marche. En 1889, Adolphe Clément, grand fabriquant de cycles à Paris, propose à Dunlop une application industrielle de son invention. Il en équipe ses vélos et quelques temps après, la quasi-totalité des bicyclettes de Paris en sont équipées.


    
       
    
Les premiers pneumatiques sont dits "à talons" et sont vissés sur la jante. Leur infrastructure interne est en tissu selon une disposition diagonale, composée de plusieurs "nappes" croisées les unes par rapport aux autres et disposées, comme son nom l'indique, diagonalement par rapport au sens de roulement.




Les frères Edouard et André Michelin, passionnés par tout ce qui concerne la locomotion et par les innovations, inventent en 1891 le pneumatique démontable, dans laquelle la chambre à air est indépendante du pneumatique proprement dit. La même année, Charles Terronremporte la course Paris-Brest-Paris (longue de 1200 km) avec un vélo équipé de ces nouveaux pneus Michelin.





  










 Les frères Michelin ont alors l'idée de transposer leur technique sur l'auto, mais le pari est un peu plus compliqué. En effet, aucun constructeur n'est disposé à leur confier une de leurs voitures afin d'en faire l'essai. Alors, en 1895, ils construisent leur propre auto, l'Eclair et l'inscrive au Paris-Bordeaux-Paris. L'auto parcourt les 2200 km en moins de 100 heures, à la surprise générale. Il est vrai que ce délai est le maximum autorisé pour éviter la mise hors course. Ca n'en est pas moins une grande victoire car la performance démontre avant tout la viabilité du produit.



    
















En 1899, la Jamais Contente, première voiture à atteindre les 100 km/h est équipée de pneus Michelin. Désormais, toute auto digne de ce nom se doit d'être équipée en Michelin! Ah oui! La Jamais Contente est une auto.. électrique! Déjà écolo la bestiole!

On remarque qu'à cette époque, les pneus sont blancs, couleur naturelle du caoutchouc.

A partir de 1910 les "talons" sont remplacés par des tringles métalliques fondues dans la circonférence du pneu, ce qui en améliore la rigidité et permet de se dispenser de le visser sur la jante. Par la même occasion, c'est à peu près à la même époque que l'on adjoint du charbon au caoutchouc pour en améliorer la résistance. Mais sur la bande de roulement uniquement : Cette configuration correspond aux fameux "flancs blancs" que certains trouvent si esthétique.




    A partir 1929, Michelin étudie un pneu pour le rail, différents prototype aboutissent finalement à la Micheline, le célebre autorail. Très vite, Renault emboite le pas à Michelin sur cette voie. L'autorail a nécessité la mise au point d'un pneu-rail creux spécial, capable de rouler sur la surface de roulement réduite offerte par le champignon du rail, de franchir les aiguillages et aussi capable de résister à la charge de véhicules ferroviaires.




  














 Toutes ces contraintes poussent à l'inovation, est très vite on integre au pneu une structure métallique plus résistante. Le guidage de la roue sur le rail est assuré par un boudin métallique solidaire de la jante. A partir de 1937, la carcasse en acier fait donc son apparition sur les pneus des autos et des motos.

Une des grandes révolutions du pneu, le pneu à carcasse radiale est breveté le 4 juin 1946 par Michelin (et oui encore!). La première voiture à en être équipée est la Citroën Traction Avant.









  


















 En 1951, c'est au tour du métro de se mettre aux pneus à Paris. Ces lignes existent toujours aujourd'hui et sont d'un confort incomparable. Par la suite les metroplitains de Montréal et Lyon adoptent aussi les pneumatiques sur leur lignes.


En 1955, Michelin invente le pneu sans chambre à air (dit Tubeless) . Ce pneumatique équipe aujourd'hui une très grosse majorité les autos, camions et motos en circulation.

Le pneu a depuis, sans invention majeure, beaucoup évolué dans des sens très différents : pneus à lamelles pour une meilleure adhérence sur la neige, pneus faisant économiser du carburant par une moindre résistance au roulement, etc.